Si les stats plaident en leur faveur, les performances individuelles des avants centres girondins ne sont pas si extraordinaires que ça, loin de là même. Analyse…
Meilleure attaque de Ligue 1… oui mais…
Avec 16 buts inscrits en 8 journées, Bordeaux possède la meilleure attaque de L1 devant Lyon, Montpellier et Valenciennes (15). Cette moyenne de 2 buts par matchs donc pour les girondins se révèle très bonne mais en y regardant de plus près ces stats peuvent être trompeuses à l’image de l’apparition de Valenciennes dans ce classement : 15 buts de marqués pour cette équipe peut en étonner plus d’un, mais dans ce chiffre, 5 buts furent inscrits lors du seul Sochaux-Valenciennes (3-5) et cet exemple peut tout expliquer pour nos bordelais :
Les 15 buts bordelais ont été inscrits de la façon suivante : 4 contre Lens lors de la première journée, 3 à Sochaux pour la 2ème journée de L1 et enfin 4 contre Nice lors de la 3ème journée. Soit déjà, un total de 11 buts en trois rencontres, qui plus est lors des trois premières journées de Ligue 1.
Pour la suite, Bordeaux n’a pas marqué contre Marseille (4ème journée, 0-0), a peiné contre l’équipe de Grenoble pour l’emporter en inscrivant une unité (5ème journée, 1-0), s’est repris à Boulogne en plantant par deux fois ( dont un but inscrit contre son camp par Lachor pour cette 6ème journée, 0-2), a battu Rennes sur le plus petit des scores : 1-0 (7ème journée) et enfin, n’a pu faire mieux que de marquer un but (sur pénalty) contre Saint-Etienne lors de l’ultime journée (8ème).
Ces éléments révèlent donc deux choses : depuis la reprise de la première trêve internationale et l’ouverture de la campagne européenne, soit depuis début septembre, les Girondins de Bordeaux marquent des buts oui, mais au compte goutte.
En ce qui concerne le parcours européen de la très prestigieuse Ligue des Champions, inutile de préciser qu’en deux matchs et avec deux unités au compteur, le total est plutôt satisfaisant, surtout que Bordeaux est la deuxième meilleure attaque du groupe derrière le Bayern de Munich qui compte 3 unités.
Qui en pointe ?
Deux schémas ont été utilisés par Laurent Blanc depuis le début de la saison : le traditionnel 442 losange avec Gourcuff évoluant en meneur derrière deux pointes ou alors, la fameux 451, de type européen utilisé pour les gros matchs comme contre Marseille ou la Juventus de Turin.
Les avants centres bordelais ont été utilisés de la façon suivante en L1 :
Bordeaux-Lens : Cavenaghi (60’)-Chamakh (90’)
Sochaux – Bordeaux : Cavenaghi (66’) – Chamakh (90’)
Bordeaux – Nice : Cavenaghi (62’) – Chamakh (74’)
Marseille – Bordeaux : Chamakh (86’)
Bordeaux – Grenoble : Gouffran (82’) - Chamakh (90')
Boulogne – Bordeaux : Cavenaghi (90’)
Bordeaux – Rennes : Chamakh (90’)
Saint-Etienne – Bordeaux : Bellion (90’)
La doublette Chamakh-Cavenaghi est dont La doublette qui a été privilégiée par Laurent Blanc en étant alignée ensemble au coup d’envoi, de 3 rencontres sur 8. La paire Gouffran-Chamakh a été employée à une reprise contre Grenoble. Et pour les matchs plutôt physique, Chamakh était seul aux avants postes pour lutter avec les défenses de Marseille et Rennes. A Boulogne, Fernando Cavenaghi a été épaulé sur les ailes par Gouffran et Bellion. Le même Bellion qui a disputé 56 minutes seul en pointe contre Saint-Etienne avant que Cavenaghi et Chamakh entrent en jeu, reléguant l’ancien niçois sur le côté droit de l’attaque bordelaise.
Voici les chiffres de ces formules :
La doublette Cavenaghi-Chamakh :
11 buts d’inscrits lors des 3 fois où ils ont été alignés d’entrée.
Le marocain a inscrit 3 buts (dont un doublé contre Sochaux), contre aucun pour l’argentin (qui n’a toujours pas ouvert son compteur à l’heure actuelle).
Fernando Cavenaghi a disputé 329 minutes de jeu en L1 avec 4 titularisations et 2 matchs qu'il a démarré sur le banc de touche.
Marouane Chamakh a lui disputé 563 minutes de jeu en L1 avec 6 titularisations et 2 matchs où il a démarré sur le banc de touche. En 563 minutes de jeu, le marocain a inscrit 3 buts. A noter qu’au cours de ces minutes, le numéro 29 a participé à deux rencontres en tant qu’unique avant centre lors de rencontres plutôt fermées comme contre Marseille et Rennes.
Yohan Gouffran a cumulé 389 minutes de jeu en L1 avec 4 titularisations et 3 matchs qu'il a débuté sur le banc de touche. En 389 minutes de jeu, l’ancien caennais a inscrit 2 buts. S’il a joué en pointe contre Grenoble, Gouffran a aussi commencé comme ailier droit à Marseille, à Boulogne sur Mer et contre Rennes.
David Bellion a lui cumulé 189 minutes de jeu en L1 avec deux titularisations et 3 matchs démarrés sur le banc de touche. Peu à l’aise à Saint-Etienne, son envie et ses projections vers l’avant se sont plus remarquées contre Boulogne ou lors de ses entrées en jeu toutes effectuées en fin de match. David n’a pas inscrit le moindre but en ce début de saison.
Jussiê, pour finir, a lui totalisé 252 minutes de jeu en L1 avec 3 titularisations et 4 matchs débutés sur le banc de touche. Au cours de ses 252 minutes de jeu, le brésilien a inscrit 2 buts, dont le dernier sur pénalty à Saint-Etienne.
Henri Saivet n’a pas joué la moindre minute en L1 avec Bordeaux. Se contentant des matchs disputés avec la CFA de Battiston, le jeune joueur a tout de même scoré par 4 fois, ce qui fait de lui le meilleur buteur de la réserve bordelaise.
Yoann Gourcuff, s'il n'est pas référencé comme avant centre, est tout de même très important, cela va de soi, dans le jeu offensif des girondins. Qui plus est, l'ancien rennais est le meilleur buteur du club avec 4 réalisations au compteur. Des buts inscrits en deux fois : deux doublés contre Lens et Nice en tout début de saison.
En conclusion de ce bilan offensif de nos avants centre, les trois fois où la paire Cavenaghi-Chamakh a été aligné, Bordeaux l’a emporté sur un score riche en buts (4-1 contre Lens, 3-2 contre Sochaux et 4-0 contre Nice). Si le Marocain a marqué 3 buts, l’argentin lui est resté et reste toujours muet. Les performances de ce dernier lui ont fait défaut contre Grenoble où Laurent Blanc a tenté un pari réussi : la titularisation de Gouffran, unique buteur de la rencontre. Cependant, si Chamakh est en tête des buteurs bordelais avec 3 réalisations, il n’a plus trouvé le chemin des filets depuis le 15 août et ce match remporté face à Sochaux.
Derrière, les apparitions de Bellion et Jussiê ne sont pas suffisantes pour les propulser titulaires au dépens des Chamakh, Cavenaghi et Gouffran.
Quand on se penche un peu plus sur les stats offensives de Bordeaux, on constate avant tout que Gourcuff est le meilleur buteur bordelais avec 4 buts, devant Chamak (3) qui n’a plus marqué donc depuis le 15 août dernier. Nous constatons également que Fernando Cavenaghi n’a toujours pas inscrit le moindre but et que Yohan Gouffran, remplaçant en début de saison, a su grapiller du temps de jeu et répondre présent quand on lui demandait comme contre Grenoble.
Le bilan peut donc se dégager en deux phases : les trois glorieuses de Bordeaux lors du début de championnat (11 buts en 3 journées) qui correspondait parallèlemment aux meilleurs rendements de Gourcuff et Chamakh mais aussi aux titularisations de Cavenaghi.
Depuis sa période prolifique (3 premières journées), Bordeaux a inscrit 5 buts en L1 pour autant de journées disputées, soit donc tout simplement, 1 but de marqué par match.
Le but de Jussiê à Saint-Etienne sur pénalty est anecdotique, contre Rennes, un milieu de terrain a débloqué la rencontre (Wendel) et contre Boulogne et Grenoble, Gouffran est donc le seul avant centre bordelais (toutefois plus souvent utilisé comme ailier, notamment contre Boulogne) a avoir marqué pour Bordeaux.
Si ces statistiques ne remettent nullement en cause l’incroyable série sans défaite (22) des hommes au scapulaire, et donc leurs victoires qui permettent au club de rester à un point du leader Lyon, elles ont tout de même le mérite de remettre certains éléments en questions : joueurs comme entraîneur.